Ethique et IA en santé ?
Entreprendre et déployer une IA ethique souveraine en santé quand les géants américains de l’IA arrivent : faut-il renoncer ou accélérer ? Une start-up française MedCopilot peut-elle se positionner face à Tandem MedGPT et Heidi ?
Quand on voit l’ampleur des investissements des grandes plateformes technologiques d’intelligence artificielle en santé, est-ce que développer un outil médical indépendant français a encore du sens ? Notre réponse est affirmative : c’est précisément maintenant que la place des acteurs cliniques éthiques devient essentielle.
Un modèle d’IA, aussi performant soit-il, ne soigne personne. Nous devons produire des analyses, des synthèses, des probabilités.
Mais certains voudraient aller plus loin et que l’IA pose des diagnostiques, des plan de soin, mais nous pensons que le soin repose sur une responsabilité, une décision située, une relation humaine, un cadre éthique et juridique et une compréhension fine des parcours de soins.
Pour le docteur Adrien Serey, fondateur de medCopilot, le médecin doit absolument rester au coeur de la relation avec le patient pour apporter son écoute, ses capacités d’analyse et de compréhension. L’IA intervient ensuite pour épauler la synthèse et la rédaction IA du dossier patient en parcours complexe.
Ce que je vois se déplacer, ce n’est pas la question “que peut faire l’IA ?” mais plutôt “Comment l’utiliser intelligemment, medicalement et ethiquement?”
Si l’IA devient une autorité, on affaiblit la médecine.
Si elle reste un outil au service du raisonnement clinique, on la renforce.
Je crois profondément que l’avenir ne sera pas fait d’“IA-médecins”, mais de médecins équipés d’outils conçus pour leur réalité :
- des recommandations nationales, académiques,
- de la traçabilité,
- du suivi et de la transmission vers les autres praticiens impliqués dans les parcours de soin
- des environnements divers mais unifiés (ville, hôpital, HAD, EHPAD),
- des patients réels.
Plus l’IA devient puissante, plus la question devient humaine : qui décide ? qui assume la responsabilité ? qui explique au patient ? qui accompagne ?
C’est cette ligne éthique que nous développons avec MedCopilot : pas un cerveau IA artificiel, mais un instrument clinique au service d’un jugement humain.
Pas une substitution. Une responsabilité augmentée.
Les droits des patients sont essentiels pour garantir une relation de soin respectueuse, humaine et éthique. Ils sont ancrés dans le respect de la dignité, de l’autonomie et de la liberté du patient, et sont au cœur des pratiques médicales. Trois droits majeurs, en particulier, incarnent cette vision :
- Le consentement éclairé : le patient doit être informé de manière claire et compréhensible sur les traitements proposés, afin de pouvoir prendre des décisions éclairées sur sa santé. Il peut changer d’avis à tout moment et c’est le rôle du médecin d’éclairer ce consentement, avec humanité.
- La confidentialité et le respect de la vie privée : les informations médicales du patient doivent être protégées et partagées uniquement avec les professionnels autorisés, dans le respect de sa vie privée et de sa dignité. Il est essentiel de construire un ensemble d’outils européens pour préserver la sécurité des données de nos patients.
- Le droit au refus de soin : le patient a le droit de refuser un traitement, même contre l’avis médical, tant qu’il est bien informé des conséquences de sa décision. Son autonomie et son choix doivent être respectés.

